Négociation obligatoire : salaires 2015.
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Chaque année, la direction de Capgemini a l’obligation d’ouvrir des négociations sur le périmètre de l’UES et sur différents thèmes dont les rémunérations. Après une première réunion le 8/10 ayant pour objectif de cadrer le processus de négociation, la direction faisait connaître le 14/11 ses propositions misérables en matière de salaire. Au cours de la réunion du 3/12, la direction a ajouté 2 mesurettes pour faire croire au dialogue social.
L’ensemble des organisations syndicales a fait savoir que les mesures proposées par la direction étaient tellement faibles, qu’elles ne pourraient qu’être mise en place dans le cadre d’un engagement unilatéral. Nul besoin d’accord. Toutes les organisations syndicales se refusant (pour le moment ?) de cautionner l’absence de réelles augmentations salariales
La direction a, à nouveau rappelée, que la masse salariale représente, à leurs yeux, une charge trop importante pour l’entreprise. Nous avons eu droit à la ritournelle patronale habituelle.
Comme nous le disions dans notre précédente communication, le groupe Capgemini profite largement d’argent public. Ainsi rien que concernant le Crédit Impôt Recherche (CIR) les entités de l’Unité Économique et Sociale ont bénéficié d’environ 6 M€ auxquels s’ajoutent le Crédit Impôt Compétitivité Emploi (CICE) pour un montant avoisinant les 1 4,6 M€.
Dans le même temps, le syndicat patronal Syntec Numérique cherche à obtenir toujours plus d’argent public en demandant l’exonération totale des salaires jusqu’à 5 059€ brut mensuel (3,5 x SMIC) tout en les limitant. Syntec Numérique s’est en effet permis de proposer une augmentation de 0,3 % des grilles de la convention collective ! Quelle indécence !
Une question de principe !
Après quelques échanges, le Directeur des Affaires Sociales avoue que les propositions faites ne sont pas liées au financier, mais que c’est une question de principe !
Effectivement, maintenir un individualisme exacerbé, utiliser la méritocratie, est pour la direction le meilleur moyen de maitriser la masse salariale.
Pour faire croire au dialogue social et la négociation collective loyale et sérieuse, la direction de l’UES a cru bon d’ajouter 2 mesurettes.
- L’augmentation de la valeur faciale des tickets restaurant à 8,60€ (part patronale passant à 5,16€). Cette proposition est hors sujet, puisqu’il ne s’agit pas de salaire. Qui plus est, cela permet également à la direction de faire encore de l’optimisation fiscale, les tickets restaurant étant défiscalisés.
- L’ajout d’une enveloppe de 0,3M€ pour réduire les écarts de salaire entre les hommes et les femmes. Avec les propositions faites par la direction lors des négociations sur l’égalité professionnelle, cela ferait un total de 0,8M€. Nous restons loin des 6M€ nécessaires au rattrapage des écarts de salaire. La loi pose pourtant le principe : « à travail égal, salaire égal ».
Chez Capgemini ce sera pour les femmes à travail égal, salaire inégal !




