Négociation obligatoire : salaires 2015
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Chaque année, la direction de Capgemini a l’obligation d’ouvrir des négociations sur le périmètre de l’UES et sur différents thèmes dont les rémunérations. Après une première réunion le 8/10/2025 ayant pour objectif de cadrer le processus de négociation, la direction a fait connaître en réunion le 14/11/2025 ses revendications misérables en matière de salaire.
Notons que la masse salariale représente, à leurs yeux, une charge trop importante pour l’entreprise. Les salaires sont donc comme toujours la variable d’ajustement dans un contexte où le patronat bénéficie de l’argent public pour le redistribuer aux actionnaires.
Le groupe Capgemini n’échappe pas à la règle. Ainsi rien que concernant le Crédit Impôt Recherche (CIR) les entités de l’Unité Économique et Sociale ont bénéficié d’environ 6 M€ auxquels s’ajoutent le Crédit Impôt Compétitivité Emploi (CICE) pour un montant avoisinant les 1 4,6 M€.
Dans le même temps le syndicat patronal Syntec Numérique cherche à obtenir toujours plus d’argent public en demandant l’exonération totale des salaires jusqu’à 5 059€ brut mensuel (3,5 x SMIC) tout en les limitant. Syntec Numérique s’est en effet permis de proposer une augmentation de 0,3 % des grilles de la convention collective ! Quelle indécence !
Entre les faibles augmentations, les salaires des ingénieur-es et cadres inférieurs au plafond mensuel de la sécurité sociale (PMSS = 3 1 29€ au 01 /01 /201 4), les salaires minima trop bas dans l’entreprise, les exonérations de cotisations socia-les, la direction de Capgemini parti-cipe aussi à la remise en cause de la protection sociale et en particulier des régimes de retraite complémentaire ARRCO/AGIRC. En effet, les ressources de l’AGIRC, issues des cotisations sociales, sont calculées sur la part de salaire supérieure au PMSS.
Rappelons au passage que la part patronale des cotisations sociales correspond à du salaire mutualisé et différé servant à maintenir une continuité de la rémunération en cas de maladie, de chômage, d’accident du travail, de départ à la retraite...
Cette négociation devrait être aussi l’occasion de voir comment rattraper les écarts de salaires entre les femmes et les hommes. Au rythme de ce qui est proposé, cette égalité ne sera jamais atteinte ! C’est pourquoi nous demandons, en nous appuyant sur un rapport d’expertise Sextant proposant une méthodologie de comparaison des rémunérations des femmes et des hommes, qu’une enveloppe spécifique de 6M€ soit réservée pour mettre un terme aux écarts de salaire.
La prime à la signature !
La direction de Capgemini cherche clairement à prendre en otage les organisations syndicales en faisant du chantage à la signature. Si elles n’acceptent pas les minables propositions de la direction, qui sont les seules à pouvoir être discuté, alors ce sera leur faute ! Signez là, ou à la place de pas grand chose, il n’y aura rien ! Nous ne pouvons accepter une telle attitude et la direction aura à assumer ses responsabilités si elle refuse la mise en place unilatérale de mesures salariales comme le lui permet la loi. Nous ne négocions ni sous la menace, ni sous la pression !
Vous trouverez dans le tableau ci-dessous nos revendications ainsi que celles de la direction. Vous constaterez des écarts plus que significatif !
Quelles propositions ?
Ce que propose la direction
- Si le SAT <=37548€ alors le montant de l’augmentation sera de 500€ (soit entre 1,33% et 2,59%).
- Si le SAT est entre 37548€ et 51672€, alors le montant de l’augmentation sera de 300€ (soit entre 0,58% et 0,80%).
- Si le SAT est >51672€, alors le montant de l’augmentation sera de 0€. SAT = Salaire annuel théorique.
- Nb de salariées éligibles : 2 686 (*)
- Part des augmentations collectives en moyenne : 0,11% de la masse salariale (MS au 30/06/2014 : 919 M€)
- Montant de l’augmentation collective : 1 011 235€
- Coût : 1 069 907€
- Augmentation moyenne par salariée éligible (2686) : 376€ annuel brut
- L’enveloppe varie entre 0,8% et 1% de la MS suivant les entités, soit un montant entre 7 et 9 millions d’€. Donc l’enveloppe consacrée aux augmentations collectives varie entre 11% et 13,8% de l’enveloppe.
(*) Les 2686 sont des salariés qui :
- n’ont pas été augmentés en 2013 et en 2014 (base salaire 31/12/2025)
- une note inférieure à 4
- ont au moins 2 ans d’ancienneté
- leur salaire est inférieur à 51672€
LA CGT REVENDIQUE
- Le salaire mini dans l’UES à 1,2 SMIC,
- Un salaire mini pour les IC = PMSS,
- L’augmentation au 1er janvier pour tous,
- Avoir un accord salaire pérenne et non un accord de rattrapage de salaire,
- Avoir une grille de correspondance coefficient syntec CCN/Grade,
- Une enveloppe de 6M d’€ spécifique pour combler les écarts de salaires entre les femmes et les hommes (calcul basé sur la méthode des comparatio de Sextant). Cette enveloppe pourrait être étalée sur 3 ans,
- Mise en place d’augmentations générales et consacrer 50% l’enveloppe globale aux augmentations collectives,
- Garantir une évolution minimale annuelle préservant le pouvoir d’achat. Pas d’augmentation inférieure à 250€,
- Rattraper les pertes de pouvoir d’achat antérieures : SAT moyen UES 2013 : 45681€ – perte pouvoir d’achat entre 2009 et 2014 (estimation 60 millions de conso) : 4% => perte moyenne de salaires : 1828€, soit 36,5 millions €,
- Coté Euriware et temps de travail : en tenant compte du paiement d’une prime correspondante à 2 jours de repos, l’augmentation du temps de travail entraine une perte de salaire de 1,9 % pour la modalité standard, 1,4 % pour les forfaits hebdomadaires (M2) qui doit être compensée.



